Posted on Чт, 19 Мар 2026, 07:14
© FAO/Giuseppe Carotenuto
Rome, 18 mars 2026 – Lors de la séance parallèle consacrée au Programme phytosanitaire pour l’Afrique (PPA), les délégués à la vingtième session de la Commission des mesures phytosanitaires (CMP-20) ont souligné l’importance d’assurer une surveillance efficace des organismes nuisibles afin d’obtenir rapidement des données, à la fois précises et fiables, qui permettent la détection précoce de ces organismes et la mise en place d’interventions rapides face aux apparitions de foyers. Présidée par Avetik Nersisyan, responsable de l’Unité chargée de l’établissement des normes au Secrétariat de la Convention internationale pour la protection des végétaux (CIPV), la séance parallèle a mis en évidence que la surveillance va au-delà du suivi technique et constitue un outil stratégique national qui contribue à protéger la santé des végétaux, à assurer le respect des normes phytosanitaires internationales et à améliorer l’accès aux marchés internationaux.
Grâce au PPA, la CIPV donne aux pays africains les moyens d’agir en leur fournissant des outils numériques et géospatiaux de pointe, des applications mobiles, des formations et des protocoles de prospection harmonisés afin de renforcer la surveillance des menaces liées aux organismes nuisibles à haut risque. Lancé en 2023, le PPA, est déployé dans 20 pays africains, grâce à un financement de l’Union européenne et du Royaume-Uni, et 19 autres pays ont officiellement exprimé leur intérêt à participer à la prochaine phase.
«Le PPA montre que lorsqu’un pays mène une surveillance de routine, utilise des applications géospatiales innovantes et détecte précocement les organismes nuisibles, les bénéfices s’étendent au-delà du pays même. C’est pourquoi le PPA permet réellement de changer la donne», a déclaré Enrico Perotti, Secrétaire de la CIPV. Il a remercié le Service de l’inspection de la santé des plantes et des animaux (APHIS) du Département de l’agriculture des États-Unis (USDA) pour avoir créé le PPA, ainsi que l’Union européenne et le Royaume-Uni pour leur financement. Il a félicité les pays africains pour leur appropriation du programme et leurs investissements, et a invité d’autres donateurs ainsi que les parties contractantes à apporter leur soutien.
Saliou Niassy, Coordonnateur du Conseil phytosanitaire interafricain (CPI) de l’Union africaine (UA), a déclaré que le PPA aide les pays «à passer d’une surveillance fragmentée à des systèmes numériques coordonnés; à saisir les données en temps réel sans utiliser des formulaires papier; et à passer d’une réponse réactive à une préparation fondée sur l’alerte précoce», tout en renforçant la coopération multilatérale, en favorisant la prise de décisions fondées sur des données probantes et en réduisant le risque de dissémination des organismes nuisibles.
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| ©FAO/ Giuseppe Carotenuto Un délégué à la CMP-20 contribue aux échanges lors de la séance parallèle | ©FAO/ Descartes Koumba Des inspecteurs phytosanitaires utilisent les outils du PPA pour la surveillance sur le terrain en République démocratique du Congo |
Retours d’expérience de quatre pays appliquant le PPA
Islam Aboelela, de l’organisation nationale de la protection des végétaux (ONPV) de l’Égypte, a expliqué en quoi le PPA améliore l’accès aux marchés agricoles grâce au renforcement de la surveillance des organismes nuisibles et de la collecte de données. L’Égypte a intégré le PPA dans ses activités de surveillance au niveau national, formé plus de 100 inspecteurs phytosanitaires, aligné ses stratégies nationales de prospection sur la méthodologie du PPA, financé des activités nationales et amélioré le suivi grâce aux tablettes fournies par la CIPV. Ces avancées ont permis à l’Égypte de fournir des données fiables sur la situation des organismes nuisibles pour la certification à l’exportation, d’accéder à de nouveaux marchés comme la Nouvelle-Zélande, d’améliorer les négociations commerciales et de démontrer la conformité aux exigences des importateurs.
Halidou Mohomodou, de l’ONPV du Mali, a mis en évidence l’intégration du PPA dans les programmes nationaux du pays, son alignement sur les priorités de l’État, le financement public qui y est consacré et la formation approfondie dont ont bénéficié plus de 120 inspecteurs phytosanitaires. Équipé de tablettes fournies par la CIPV, de drones et de motos, le Mali mène désormais une surveillance des organismes nuisibles en temps réel depuis 220 stations, ciblant des menaces majeures telles que Bactrocera dorsalis et Spodoptera frugiperda (chenille légionnaire d’automne). M. Mohomodou a confirmé l’engagement du Mali dans la mise en œuvre efficace du PPA et a relayé les appels à renforcer le soutien technique et financier en vue d’assurer la pérennité du programme.
L’Afrique du Sud utilise les outils du PPA pour renforcer ses systèmes d’alerte précoce face aux organismes nuisibles à haut risque tels que Xylella fastidiosa, tout en garantissant une production fiable et des exportations fruitières durables. L’Afrique du Sud utilise le PPA pour renforcer sa collaboration technique avec d’autres pays africains, ce qui favorise l’apprentissage commun, l’harmonisation des approches et la mise en place d’actions coordonnées face aux menaces communes posée par les organismes nuisibles, en vue d’accroître la résilience régionale. L’Afrique du Sud a également élargi son réseau de surveillance, amélioré l’efficacité des données, simplifié les rapports et formé 80 agents provinciaux, ce qui permet désormais de collecter des données à l’échelle nationale sur sept organismes nuisibles prioritaires. Yolanda Mthembu a indiqué que l’Afrique du Sud a intégré le PPA dans le plan stratégique de son ONPV afin de garantir le financement et la coordination des activités de surveillance.
Joab Tugume, de l’ONPV de l’Ouganda, a expliqué comment le PPA contribue à surmonter d’importants défis phytosanitaires grâce à la surveillance des organismes nuisibles, à la mise en place d’une base de données centralisée de prospection et à l’amélioration des capacités techniques. L’Ouganda a intégré le PPA dans son système national et a utilisé pendant trois années consécutives les outils numériques du programme pour effectuer sa prospection nationale annuelle sur Xylella fastidiosa, favorisant ainsi la transition du pays vers un suivi numérique en temps réel qui soutient des secteurs d’exportation clés tels que la production florale (marché de 65,3 millions d’USD) et celle d’huile de palme (88,06 millions d’USD). Le PPA permet également à l’Ouganda de produire des cartes de prospection, des données géoréférencées et des rapports structurés. M. Tugume a recommandé d’élargir les outils d’analyse du risque phytosanitaire, de prospective et de prévision.
Lors de la clôture de la séance, Mohamed Habib Ben Jamaa, Directeur exécutif de l’Organisation pour la protection des végétaux au Proche-Orient (NEPPO), a réaffirmé la contribution du PPA au renforcement des systèmes phytosanitaires en Afrique. Il a appelé à élargir la participation au niveau régional et à établir des partenariats public-privé afin de renforcer la résilience face aux menaces posées par les organismes nuisibles.
Nouvelle structure de gouvernance
La CMP-20 a également approuvé le mandat du Groupe directeur chargé du SAIFON, récemment créé et composé de 11 membres. Il a pour mission de fournir des orientations stratégiques pour la planification et le suivi de la mise en œuvre du programme et d’appuyer le Secrétariat de la CIPV et les pays participants dans la mobilisation des ressources en vue d’assurer la durabilité et le déploiement du PPA au niveau mondial. Le Groupe directeur travaillera en collaboration avec les groupes de travail existants du PPA chargés de la coordination, des aspects techniques et de la communication.
Informations connexes Enregistrement vidéo de la séance parallèle