Posted on mar, 07 Jul 2026, 12:17
© FAO/Michael Tewelde
7 juillet 2026, Addis-Abeba – L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la Convention internationale pour la protection des végétaux (CIPV) et leurs partenaires ont donné aujourd’hui le coup d’envoi de la troisième phase du Programme phytosanitaire pour l’Afrique (PPA), une initiative majeure qui vise à enrayer la dissémination des organismes nuisibles et des maladies des végétaux en Afrique à l’aide d’outils numériques de pointe.
Accueilli par le Gouvernement éthiopien, par l’intermédiaire de l’Autorité agricole éthiopienne (EAA), l’atelier rassemble une centaine de spécialistes phytosanitaires des 18 pays qui rejoignent la phase 3 du PPA: Botswana, Burkina Faso, Comores, Côte d’Ivoire, Djibouti, Libye, Eswatini, Éthiopie, Gabon, Mauritanie, Mozambique, Niger, Nigéria, Namibie, République centrafricaine, Sao Tomé-et-Principe, Soudan et Togo. Participent également à l’atelier des observateurs du Yémen, des fonctionnaires phytosanitaires de quatre pays ayant pris part aux deux phases précédentes – Afrique du Sud, Égypte, Mali, et Ouganda – ainsi que des fonctionnaires phytosanitaires de la FAO en Afrique.
Ils participeront à un atelier de formation des formateurs d’une semaine consacré aux techniques avancées de surveillance des organismes nuisibles. Ils apprendront notamment à utiliser des applications et des outils numériques adaptés pour assurer le suivi, la détection et le signalement des principaux organismes nuisibles revêtant une importance économique, réglementaire et environnementale en Afrique. Les participants se verront remettre des tablettes dernier cri pour la surveillance géospatiale des organismes nuisibles. Ils appliqueront des protocoles de prospection sur le terrain mis au point par des experts techniques et prendront part à des exercices pratiques pour apprendre à utiliser les outils de prospection des organismes nuisibles.
La phase pilote et la deuxième phase du PPA ont démarré en 2023 et en 2025, respectivement, avec la participation de spécialistes phytosanitaires du Cameroun, d’Égypte, de Guinée-Bissau, du Kenya, du Mali, du Maroc, de l’Ouganda, de la République démocratique du Congo, de Sierra Leone, de Zambie et du Zimbabwe, puis d’Afrique du Sud, d’Algérie, de Cabo Verde, du Libéria, du Malawi, de la République du Congo, du Sénégal, du Tchad et de Tunisie. La phase 3, qui représente la plus vaste extension du PPA à ce jour, s’appuie sur les résultats obtenus jusqu’à présent et vise à former des fonctionnaires phytosanitaires qui, de retour dans leur pays, formeront leurs pairs au sein des organisations nationales de la protection des végétaux (ONPV) ainsi que d’autres acteurs gouvernementaux à l’utilisation de la suite d’outils numériques du PPA.
«Cet atelier permettra de renforcer les capacités humaines indispensables pour éliminer les entraves au commerce et élargir l’accès aux marchés mondiaux», a déclaré l’Ambassadeur Diriba Kuma, Directeur général de l’Autorité agricole éthiopienne (EAA). «Les organismes nuisibles ne connaissent ni frontières géographiques ni frontières géopolitiques. Nous ne pouvons donc plus nous permettre d’agir en ordre dispersé. Pour sécuriser notre approvisionnement alimentaire et renforcer nos économies, nous devons constituer un front uni, fondé sur des données et étroitement coordonné. Le Programme phytosanitaire pour l’Afrique fournit la stratégie et le cadre continental dont nous avons besoin pour protéger nos ressources végétales et notre commerce agricole contre les organismes nuisibles dévastateurs», a-t-il ajouté.
M. Diriba a également souligné que la solution ePhyto de la CIPV était actuellement déployée en Éthiopie et qu’une évaluation était réalisée à l’aide de l’outil d’évaluation de la capacité phytosanitaire (ECP) de la CIPV afin de guider l’élaboration du plan stratégique quinquennal du pays. Enrico Perotti, Secrétaire de la Convention internationale pour la protection des végétaux (CIPV), a rappelé aux participants qu’il ne fallait pas baisser la garde dans la lutte contre les organismes nuisibles et les maladies des végétaux, à un moment où les pressions s’accentuent sous l’effet des changements climatiques et de l’intensification des voyages et du commerce à l’échelle mondiale. «Même si certains pays ont supprimé les droits de douane à l’importation appliqués aux produits agricoles en provenance d’Afrique, le non-respect des exigences sanitaires et phytosanitaires (SPS) pourrait encore compromettre l’accès de l’Afrique aux marchés internationaux et freiner la croissance économique. Le respect des normes internationales contribuera donc à renforcer les efforts déployés par l’Afrique pour mieux commercer, nourrir sa population de plus en plus nombreuse et assurer la sécurité alimentaire. Et le PPA vient précisément appuyer ces efforts», a-t-il déclaré.

© FAO/Michael Tewelde
Selon les informations disponibles, jusqu’à 30 pour cent des exportations agricoles de l’Afrique seraient rejetées en raison du non-respect des exigences sanitaires et phytosanitaires (SPS). Par exemple, l’ONPV égyptienne indique que des données de surveillance harmonisées et des propositions techniques plus solides, étayées par des données fiables sur la production de produits clés exempts d’organismes nuisibles, tels que les agrumes, les mangues et le raisin, ont contribué à l’ouverture de nouveaux marchés au Pérou et en République dominicaine. Certains pays ont intégré les outils numériques du PPA dans leurs systèmes nationaux de surveillance afin d’améliorer la collecte et le stockage des données, et de renforcer la détection des organismes nuisibles. Le Kenya et l’Ouganda, par exemple, peuvent maintenir à distance des organismes nuisibles tels que Xylella fastidiosa et le bunchy top du bananier grâce à une surveillance régulière. Dans d’autres pays, comme le Mali, les gouvernements ont pris des engagements fermes et consenti des investissements afin d’étendre à l’échelle nationale les formations relatives au PPA et l’accès aux outils numériques.
L’atelier a mis en évidence l’importance de déployer à plus grande échelle les solutions qui ont fait leurs preuves. Au vu des résultats déjà enregistrés grâce au PPA, il est prévu d’étendre le programme à d’autres pays africains et à d’autres régions du monde.
Ont également pris la parole lors de la séance d’ouverture Orlando Sosa, Représentant par intérim de la FAO en Éthiopie, Saliou Niassy, coordonnateur du Conseil phytosanitaire interafricain (CPI) de l’Union africaine (UA), et Mohamed Habib Ben Jamaa, Directeur exécutif de l’Organisation pour la protection des végétaux au Proche-Orient et en Afrique du Nord (NEPPO). Dans cette nouvelle phase, le CPI de l’UA et la NEPPO, les deux organisations régionales de la protection des végétaux en Afrique, guideront la transition afin de renforcer le leadership régional et l’appropriation du programme au niveau national.
À propos du Programme phytosanitaire pour l’Afrique
Le Programme phytosanitaire pour l’Afrique est une initiative conjointe du Secrétariat de la CIPV et de l’ARBE visant à renforcer les capacités phytosanitaires dans toute l’Afrique. Grâce à des protocoles harmonisés de prospection des organismes nuisibles, aux technologies numériques, à la formation et à la collaboration régionale, le PPA aide les pays à prévenir la dissémination des organismes nuisibles, à améliorer la conformité aux normes phytosanitaires internationales et à favoriser l’innocuité du commerce des produits agricoles. Le PPA est financé grâce aux généreuses contributions de l’Union européenne et du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord. Quant à la phase pilote, elle a été financée par le Service de l’inspection de la santé des plantes et des animaux (APHIS) du Département de l’agriculture des États-Unis (USDA).
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