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Les responsables mondiaux de la santé des végétaux font progresser les normes, l’innovation et le commerce numérique lors de la CMP-20

Posted on mer, 18 Mar 2026, 08:29

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© FAO/Giuseppe Carotenuto

La vingtième session de la CMP (CMP-20), ouverte par le Directeur général de la FAO, Qu Dongyu, s’est tenue la semaine dernière à Rome afin de faire le point sur la santé des végétaux au niveau mondial ainsi que sur les mesures prises pour protéger les cultures et favoriser l’innocuité de leur commerce.

Rome, 17 mars 2026 – La CMP-20 s’est conclue la semaine dernière sur une note positive. Les représentants des gouvernements et les responsables de la santé des végétaux ont réaffirmé leur engagement à protéger les ressources végétales mondiales, à favoriser l’innocuité du commerce et à renforcer la coopération internationale dans le cadre de la Convention internationale pour la protection des végétaux (CIPV).

Avec plus de 300 délégués inscrits, la CMP-20 été l’occasion de faire le point sur l’état d’avancement des travaux des organes directeurs, d’examiner les progrès accomplis dans la mise en œuvre du Cadre stratégique de la CIPV 2020-2030 et de discuter des nouveaux enjeux phytosanitaires.

Le Directeur général de la FAO, Qu Dongyu, a salué les travaux conjoints de la CMP et de la FAO qui contribuent à la réalisation des quatre améliorations ciblées par la FAO, et a appelé les délégués à faire preuve de vigilance et à tirer parti de l’innovation à mesure que le commerce international se développe et que s’accroît le risque de dissémination transfrontière des organismes nuisibles. La Directrice générale adjointe de la FAO, Beth Bechdol, a souligné que la santé des végétaux constitue une priorité stratégique qui sous-tend la sécurité alimentaire et la résilience économique et qui facilite également l’innovation au bénéfice des agriculteurs. Dans ce contexte, la foire de l’innovation sur la santé des végétaux de la CIPV et les présentations d’affiches organisées à la FAO ont été l’occasion de présenter des solutions concrètes, des travaux de recherche et des partenariats visant à renforcer les systèmes phytosanitaires à l’échelle mondiale.

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© FAO/Giuseppe Carotenuto La Directrice générale adjointe de la FAO, Beth Bechdol, ouvre la foire de l’innovation sur la santé des végétaux de la CIPV tenue en marge de la CMP-20.

Normes adoptées

La CMP a adopté des améliorations techniques du texte de la norme internationale pour les mesures phytosanitaires (NIMP) n° 26 sur les zones exemptes de mouches des fruits Tephritidae. La CMP a également adopté le texte révisé de l’annexe sur l’inspection au champ de la NIMP n° 23, qui précise le champ d’application de la norme, tout en confirmant que l’absence d’exigences en matière d’analyses ne diminue en rien leur importance.

En outre, la CMP a adopté des révisions des annexes de la NIMP n° 28 sur les traitements phytosanitaires contre les organismes nuisibles réglementés, notamment en ce qui concerne le traitement par irradiation contre Planococcus lilacinus, Paracoccus marginatus et Pseudococcus baliteus. La CMP-20 a également pris note de l’adoption, par le Comité des normes, au nom de la CMP, de deux protocoles de diagnostic en tant qu’annexes à la NIMP n° 27, à savoir le protocole de diagnostic 35 sur Meloidogyne mali et le protocole de diagnostic 36 sur le genre Pospiviroid.

Santé des végétaux dans la sécurité de l’aide alimentaire et d’autres aides humanitaires

La séance scientifique de la CMP-20 a mis l’accent sur le principe consistant à «ne pas nuire» ainsi que sur l’importance de la préparation et de la coordination et de disposer de systèmes phytosanitaires solides dans le domaine de l’aide humanitaire. Des intervenants issus des pouvoirs publics, de la FAO, du Codex Alimentarius et de divers organismes régionaux ont rappelé que les mesures phytosanitaires préservent la sécurité alimentaire plutôt que de freiner l’aide humanitaire, et ont appelé à poursuivre la coopération internationale et les progrès vers l’établissement d’une NIMP sur la sécurité de l’aide, en soulignant que les NIMP ne constituent pas des obstacles mais des instruments au service de la sécurité alimentaire.

Programme phytosanitaire pour l’Afrique

La CMP a été informée de l’état d’avancement du Programme phytosanitaire pour l’Afrique (PPA), notamment en ce qui concerne la réussite de la phase pilote, le lancement de la phase 2 et les progrès réalisés lors des ateliers de formation nationaux, les outils de prospection et l’intégration avec les activités de la FAO et de la CIPV. Le Secrétariat de la CIPV s’est félicité des financements reçus à ce jour, mais a également souligné la nécessité d’obtenir des ressources supplémentaires pour soutenir la phase 3 du PPA, et a présenté des plans visant à favoriser l’appropriation du programme au niveau régional et à assurer à terme son déploiement au niveau mondial. La CMP a débattu des options de gouvernance et est convenue d’établir un modèle de gouvernance hybride associant un Groupe directeur ePhyto du PPA aux groupes de travail existants. Les délégués ont également soulevé la question de la participation équitable des pays de petite taille, souligné l’importance de garantir l’accès des outils du PPA à l’ensemble des parties contractantes et ont remercié les donateurs et partenaires qui soutiennent le programme.

Principales décisions prises concernant les éléments du programme de développement:

  1. Harmonisation de l’échange électronique de données. Les participants à la CMP ont estimé que le déploiement continu de la solution ePhyto de la CIPV, avec 148 pays enregistrés depuis sa création en 2018 et près de 250 000 certificats échangés chaque mois, constitue un atout essentiel pour le commerce mondial. Ils ont également convenu de mesures de gouvernance et de durabilité, en adoptant un processus de gestion des changements pour les déclarations numériques normalisées ainsi qu’un mandat révisé pour un nouvel organe de gouvernance de l’ePhyto chargé d’assurer une supervision stratégique et d’examiner les modèles de financement.

  2. NIMP portant sur des marchandises ou des filières particulières. La CMP a pris acte des progrès accomplis dans l’établissement des projets de normes concernant des marchandises au titre de la NIMP n° 46. Elle a examiné les préoccupations liées à leur mauvais usage et à l’inclusion d’organismes nuisibles présentant de faibles liens avec certaines filières, tout en soulignant la nécessité d’apporter une justification technique solide et de préserver les garde-fous existants. Elle est également convenue de poursuivre les travaux relatifs aux normes sur les oranges fraîches en attendant l’adoption d’une norme plus large sur les agrumes, et a approuvé la proposition d’organiser en 2027 un atelier mondial conjoint de la CIPV et de la Commission phytosanitaire pour l’Asie et le Pacifique sur les normes concernant des marchandises, en encourageant les parties contractantes à poursuivre leur action.

  3. Gestion des filières du commerce électronique et de l’envoi par voie postale ou par des services de livraison rapide. La CMP est convenue de lancer la phase 2 (2026–2030) de la gestion des filières du commerce électronique et de l’envoi par voie postale ou par des services de livraison rapide, en soulignant les risques phytosanitaires croissants liés au commerce électronique, et a approuvé la feuille de route proposée tout en encourageant la mise en œuvre des recommandations de l’Observatoire de la CIPV aux niveaux national et régional.

  4. Orientations concernant le recours à des entités tierces. La CMP a pris acte des progrès réalisés concernant deux guides de la CIPV sur le recours à des entités tierces: l’un sur les autorisations et l’autre sur l’audit dans le contexte phytosanitaire, les travaux sur le second ayant démarré à la suite d’un appel à experts. La CMP s’est félicitée du soutien financier apporté par l’Australie et le Canada et a encouragé les parties contractantes à répondre au prochain appel à experts en 2026.

  5. Système d’alerte et d’intervention en cas d’apparition de foyers d’organismes nuisibles (SAIFON). Les travaux sont passés de la phase pilote à la mise en œuvre opérationnelle. Parmi les avancées notables figurent l’évaluation des organismes nuisibles d’apparition récente menée en 2025, de nouvelles alertes mondiales relatives aux organismes nuisibles et un résumé mensuel, ainsi que le renforcement des liens avec des initiatives telles que le Programme phytosanitaire pour l’Afrique. La CMP s’est félicitée de la transition vers un nouveau Groupe directeur doté d’un mandat élargi, a encouragé les parties contractantes à proposer des organismes nuisibles et a noté que les activités futures du SAIFON dépendront de l’obtention d’un financement durable.

  6. Changements climatiques et questions phytosanitaires. La CMP-20 a pris note de la fin du mandat du Groupe de réflexion, après la production d’importants résultats, notamment des webinaires, des fiches techniques et des recommandations sur l’intégration des changements climatiques dans l’analyse du risque phytosanitaire. La CMP a approuvé l’intégration des travaux liés aux changements climatiques dans les programmes ordinaires du Secrétariat de la CIPV, a préconisé d’accroître l’accès aux matériels du Groupe et a demandé qu’un plan d’intégration clair soit présenté au Groupe de la planification stratégique en 2026 et à la vingt-et-unième session de la CMP (CMP-21).

  7. Coordination mondiale de la recherche phytosanitaire. Le Groupe de réflexion a présenté une étude exploratoire dans le cadre de laquelle il a recensé les réseaux de recherche existants et relevé les lacunes dans la coordination mondiale de la recherche phytosanitaire. Bien qu’il ait été suggéré de rechercher des solutions moins coûteuses, la CMP est convenue de prolonger le mandat du Groupe afin de finaliser une proposition de cadre stratégique mondial et de recherche, et d’élaborer un plan de mise en œuvre d’ici la CMP-21 (2027).

  8. Réseau de laboratoires de diagnostic. La CMP a noté qu’une évaluation initiale des réseaux de laboratoires de diagnostic a été réalisée en 2025 et que celle-ci sera examinée par le Groupe de réflexion lors de sa première réunion en présentiel en juin 2026. Soulignant la nécessité de renforcer les réseaux existants plutôt que de les dupliquer, la CMP a invité les parties contractantes à formuler des observations, a remercié l’Afrique du Sud pour sa contribution en nature, a chargé le Bureau de réexaminer le mandat du Groupe de réflexion et a demandé que ce dernier produise son rapport final en vue de sa présentation à la vingt-deuxième session de la CMP (2028).

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